Yves TANGUY (1900-1955)

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Yves TANGUY (1900-1955)


Cahier des dessins, 24 mars 1940.
Contient 7 dessins de 5,5 x 3,5 cm.
Techniques diverses: crayon, encres de Chine et de couleurs et pastels.
4 x 6 cm.
Provenance:
- Madame Yves Tanguy.
Bibliographie:
- Yves Tanguy, Un recueil de ses oeuvres, New York, éditions Pierre Matisse, 1963, reproduit p.29.
- Patrick Waldberg, Yves Tanguy, Bruxelles, André de Rache éditeur, 1977, reproduit p.352.
Yves Tanguy (1900-1955)
L'année 1940, avec son installation aux Etats-Unis, représente un moment particulièrement heureux dans la vie du peintre. Les années parisiennes s´estompent: il y avait vécu dans de grandes difficultés matérielles malgré la reconnaissance par ses pairs de son importance au sein du mouvement surréaliste et sa proximité avec André Breton.
En 1938, il rencontre au salon des Surindépendants Kay Sage, jeune femme-peintre américaine dont le couple, comme celui de Tanguy, est vacillant. Après le déclenchement de la guerre en 1939, Kay Sage part aux Etats-Unis et influe pour que Tanguy ait sa première exposition personnelle à New York à la Pierre Matisse Gallery. Tanguy la rejoint et l'exposition se tient entre le 12 et le 30 décembre 1939. Pierre Matisse offre également ses cimaises à Kay Sage durant l'année 1940.
Sage et Tanguy se marient le 17 août 1940 à Reno, Nevada et s'installent bientôt dans le Connecticut.
LE CAHIER D'YVES POUR KAY SAGE Ce cahier miniature de dessins est exécuté et offert par Yves à Kay en témoignage amoureux le 24 mars 1940; il restera la propriété de la destinataire jusqu'à son décès.
Les sept dessins sont, sans ambiguïté, un hommage érotique à Kay, exécutés sur le mode minéral et biomorphique habituel de Tanguy. Sur les deux couvertures il a collé des étiquettes inscrites des prénoms des deux amoureux.
Au-delà de son caractère émouvant, ce petit cahier miniature est un véritable «objet surréaliste» d'un raffinement extrême; le trait est exécuté à l'aide d'une variété de crayons et d'encres de couleurs, avec le soin et la délicatesse habituels du peintre. Cette suite de dessins, bien qu'écrite dans le langage ésotérique d'un surréaliste évoque très clairement les étapes d'une histoire amoureuse, sans doute celle de Yves et de Kay: la rencontre, la séduction, l'enlèvement, l'extase, le refus, la dépendance.
Tanguy décède en 1955 et Kay se suicidera en 1963, presque huit ans jour pour jour après la mort de son conjoint.
TANGUY ET LA PIERRE MATISSE GALLERY La relation amicale avec Pierre Matisse (ils avaient été condisciples à Paris au lycée Montaigne) va assurer à Tanguy une relative sécurité matérielle malgré sa tendance récurrente à l‘impécuniosité. Pierre Matisse lui assure une rente mensuelle, indépendante des ventes, en contrepartie de la totalité de sa production picturale. Elle va lui permettre de reprendre son travail d'une manière plus intense et plus réglée. Tanguy bénéficiera de cinq exposition personnelles (1940, 1942, 1945, 1946, 1950).
MATERNITÉ (1939)
Le thème de la famille et de la maternité parcourt l'oeuvre de Matisse; son épouse et ses enfants sont des modèles privilégiés entre 1896 et 1917. Mais la vie personnelle du peintre connaît un tournant pénible en 1939, année de sa séparation avec sa femme, Amélie Parayre. Cette dernière ne supporte plus la présence de la très belle Lydia Delectorskaya qui fait office depuis 1933 de modèle d'atelier, d?assistante et bien sûr de muse pour l'artiste.
Dès le mois de janvier, l'artiste s'attèle à l'étude d'un tableau dont il abandonnera finalement la réalisation. Notre dessin est le plus important d'une série dont le point de départ est probablement La famille, 1939 (Dauberville, Matisse chez Bernheim-Jeune, tome II, Paris, éditions Bernheim-Jeune, n°765), croquis à la plume et encre de Chine exécuté d'une main légère et rapide à partir d'une scène familiale.
Notre dessin a sans doute une grande importance pour Matisse car il le place au-dessus de sa cheminée dans l'appartement qu'il occupe à l'hôtel Régina de Nice, entre 1938 et 1943. On y reconnaît le parquet au point de Hongrie et la grande fenêtre avec ses balcons en fer forgé. Matisse transforme sa chambre d'hôtel en un véritable atelier où, en plus de la présence des modèles, il entasse plantes, étoffes, meubles, vases et autres bibelots que l'on retrouve dans ses oeuvres.
MATISSE: ESPACE ET ARABESQUES Cette maternité évoque le thème du bonheur, qui parcourt tout l'oeuvre peint et dessiné de Matisse. La fusion sentimentale est ici suggérée par les arabesques circulaires qui enveloppent la mère et l'enfant.
Sur le plan formel, c'est la contradiction entre perspective et planéité (thème obsédant pour Matisse, abordé dès les chefs-d'oeuvre du début du siècle) qui préoccupe l'artiste. Le groupe de personnages, les accotoirs du fauteuil et le parquet fabriquent des lignes de fuite qui creusent l'espace, tandis que le tissu de la robe en damier, le papier peint floral du mur et les volutes du balcon sont autant de motifs qui aplanissent la composition. La monumentalité byzantine de l'image que recherche Matisse et qui exige le plan est cependant animée par les arabesques qui parsèment et rythment la surface.
Matisse ajoute un autre contrepoint qui oppose la rigueur et la fermeté de son trait au flou poétique de l'estompe qui ombre les visages
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